Certains se souviendront peut-être cette fameuse phrase de Rénald Paré de La petite vie. Ou bien encore :

Rénald : Je voudrais simplement vous signifier que pour moi le mot cheap a toujours eu une connotation un peu négative.

Réjean : Pour nous autres aussi!

Rénald : Non, mais justement, je pense qu’il y a une différence entre cheap et économe.

Bien que je sois d’accord, je dis souvent à la blague que je suis cheap, puisque c’est l’opinion générale des gens confrontés à des choix frugaux. Oh, ça, et le fait que je me balance un peu de ce que les gens pensent de toute façon.

Je l’ai d’ailleurs déjà dit devant une tante qui, elle aussi, préfère faire certains choix plus judicieux que la moyenne. Elle m’avait alors répondu : « Mais non, tu n’es pas cheap. Tu es comme moi, tu aimes simplement payer le juste prix ».

J’ai trouvé que c’était assez représentatif. Ou bien, dans la ma veine, il y a la 3e règle d’acquisition des Férengis dans Star Trek :

Ne paie jamais plus que nécessaire.

Alors, oui, j’ai peut-être un peu trop tendance à tout évaluer en termes de signe de piasse. Pour certains, ça s’apparente un peu trop à Rénald Paré , Séraphin Poudrier ou aux Férengis, pour les Trekkies. Toutefois, je fais des choix judicieux dans le but de me rapprocher de mes objectifs, et ce, jamais au détriment des autres. D’ailleurs, juste à voir la progression de ma valeur nette dans la dernière année, on voit bien que ça me réussit bien. C’est peut-être extrême pour certains, mais je préfère cet extrême, que l’alternative.

Le Mindless Spending

À l’exception de ma tante, plusieurs personnes de mon entourage et de ma famille pratiquent le mindless spending, ce qui, à mon avis, ne peut qu’être nuisible pour leur santé financière. Par mindless spending, je parle de ceux qui dépensent pour tout et n’importe quoi, sur le coup de l’émotion, sans faire de comparaison ou chercher un meilleur prix.

À titre d’exemple, j’allais à la quincaillerie l’autre jour avec ma mère pour acheter un quelconque truc pour son jardin. À peine passé le pas de la porte, elle voit un BBQ en spécial à 250 $ plus taxes. Tout de suite, elle s’exclame : « Je l’achète! ».

D’après moi, si je n’avais pas été là, elle serait revenue chez elle avec un nouveau BBQ. Heureusement, j’ai su calmer ses ardeurs. Je lui ai rappelé qu’elle a déjà un BBQ fonctionnel. Que même s’il n’est pas très récent ou très beau, on parvient à se faire de délicieux repas avec. Vous voyez le mindless spending à l’oeuvre? Cette dépense potentielle n’était aucunement réfléchie et planifiée. Elle serait sortie de la quincaillerie avec presque 300 $ de moins en poche, alors qu’elle n’allait que s’acheter un bidule à 3 $.

Bref, les sages paroles de Pierre-Yves McSween me viennent en tête. Maman, en as-tu vraiment besoin?

À l’inverse, dans mon cas, chaque dépense est analysée, calculée et évaluée. Et je m’assure toujours de payer le juste prix de diverses façons.

Courir les spéciaux

Je ne dis pas de sauter sur toute les aubaines. Car bien sûr, le meilleur deal, c’est celui qui ne nous coûte rien. Mais pour certaines dépenses inévitables, il est bon de courir les spéciaux.

Je reviens à nouveau sur le sujet de l’épicerie, eh oui. Que voulez-vous, c’est un gros morceau du budget. Il est donc absolument important de payer le juste prix.

Pourquoi j’achèterais ma livre de viande hachée à 6 $, quand je sais qu’elle est à 3 $ en spécial ailleurs? Certains diront qu’ils n’aiment pas faire plusieurs magasins par souci de temps ou de transport. Et bien, si ces raisons s’appliquaient, je m’en passerais simplement de viande hachée cette semaine-là. J’achèterais autre chose en spécial.

Bien sûr, cela s’applique aussi à autre chose que l’épicerie. Toute chose que vous désirez acheter mérite d’être magasinée et comparée avec soin. Déjà, de prendre le temps de magasiner, ça calme les ardeurs. Pourquoi acheter quelque chose au plein prix à un endroit, s’il est à un meilleur prix ou au rabais ailleurs?

Faire son café

J’ai peut-être l’air de parler à travers mon chapeau, puisque mes bilans mensuels exposent quelques visites récurrentes chez Starbucks. Toutefois, sachez que sur mes 14 cafés de la semaine (eh oui, deux par jour), un seul provient du Starbucks.

Parce que oui, ça n’a pas de sens de payer 3 $ pour un café à chaque fois.

Pas quand je sais que ma tasse de café maison me revient environ à 6 cents. Le café du Starbucks est peut-être délicieux, mais il ne l’est certainement pas 50 fois plus que mon café à la maison. Ainsi, oui, je m’en permets, mais seulement à l’occasion.

Vous voulez un autre exemple de prix démesuré? L’autre jour, j’ai eu l’idée brillante d’essayer un café glacé chez Starbucks. Je commande donc la même recette qu’à l’habitude, mais glacé. C’était 1$ plus cher. Pour quoi? De la glace (qui prend de la place), et donc, moins de café que la version chaude!

Laissez-moi vous dire que je vais m’en faire chez moi à l’avenir. Sinon, celui du McDo est à 1 $ tout l’été. 🙂

Cuisiner ses repas

Avec la réouverture des restaurants, peut-être avez-vous envie de vous y ruer pour un bon repas.

Eh bien, pas moi.

L’autre jour j’ai fait un délicieux tartare de thon pour moi et mon amoureux. Au Métro, le thon (qualité tartare, dois-je préciser) était en spécial à 8,99 $/lb. Avec des croustilles de fromage fait maison, une petite salade d’épinards et des tranches de concombres, j’estime que le repas nous revenait à maximum 6 $ par personne. Comme il s’agissait tous d’aliments non transformés, le tout me revenait sans taxes.

Maintenant, combien ça m’aurait coûté au restaurant? Une assiette tartare, c’est facilement 25 $ sur le menu. Probablement plus. À cela s’ajoutent bien sûr les taxes et le pourboire, donc on débourse réellement 33 $ minimum.

Et ça, c’est avec un verre d’eau. C’est sans même y ajouter un verre de vin! Bien qu’un verre d’une bouteille bon marché à la SAQ revient à 2-3 $, au restaurant on parle plus autour de 10 $. Et encore une fois, il faut y ajouter les taxes et le pourboire.

Bref, entre les deux, je sais lequel je préfère. Surtout qu’il était vraiment délicieux mon tartare! Je n’aurais pas eu le sentiment de satisfaction d’avoir cuisiné un bon repas ni les compliments de mon amoureux si on avait été au restaurant. 🙂

Opter pour des biens usagés

Que ce soit des objets donnés par un proche, des achats faits dans une friperie ou auprès d’un tiers via Facebook Marketplace, Kijiji, etc., en voilà une excellente façon de ne pas payer plus que nécessaire sur une panoplie de choses.

D’ailleurs, on vient à peine de passer la période des déménagements. Vous avez peut-être remarqué la multitude de bébelles que les gens tentent de se débarrasser à perte? Ou bien, à tout moment de l’année, les gens qui se débarrassent de vêtements en bon état, simplement parce qu’ils sont « passés de mode », ou parce qu’ils ne font plus? Pour s’en débarrasser, ils doivent nécessairement vendre à une fraction du prix payé.

À titre d’exemple, disons que j’ai besoin d’un beau veston pour le travail pour les rares conférences vidéos importantes. Au lieu de m’en payer un à 100 $ neuf dans un magasin, je peux en trouver à 20 $ sur Marketplace. Ça peut être un peu laborieux de trouver quelque chose parfaitement à sa taille. Toutefois, pour un morceau de vêtement qu’on va porter occasionnellement, ça vaut la peine.

En laissant les autres absorber la dépréciation d’un objet, vous gardez plus d’argent dans vos poches! Et par le fait même, vous réduisez votre empreinte écologique en donnant une seconde vie à un objet, plutôt que d’en acheter un nouveau.

Le temps, c’est de l’argent

Comme la majorité d’entre nous travaille à un salaire horaire, il est judicieux de se rappeler que le temps, c’est littéralement de l’argent. Et vice-versa, l’argent, c’est du temps. Si vous n’aviez pas d’autre choix que de dépenser, j’espère que vous avez au moins payé le juste prix.

Autrement, disons que vous avez acheté un gadget quelconque à 500 $, sans savoir qu’il était à rabais à 400 $ ailleurs, ou même à 250 $ sur Kijiji. Avez-vous une petite idée de combien ce 100 $ ou 250 $ dépensé de plus représente réellement?

Si vous voulez un petit reality check, prenez cette somme et diviser la par votre taux horaire net. Vous verrez combien d’heures vous avez eu à travailler seulement pour payer cette somme, pour ensuite la dépenser dans le beurre. Vous n’avez pas seulement gaspillé votre argent, mais bien votre temps. Et le temps, c’est précieux!

Ou bien, comme mon copain aime calculer, voyez combien ça représente d’unités de votre FNB préféré. 250 $, c’est 9 XEQT qui ne s’appréciera pas dans votre portefeuille! 😉

Bien sûr, c’est encore pire de faire le calcul s’il s’agissait en fait d’un cas de mindless spending sur quelque chose dont vous n’aviez pas réellement besoin.

Après avoir fait l’exercice, peut-être éviterez-vous de payer plus cher que nécessaire.

Conclusion

Bref, j’ai peut-être l’air cheap aux yeux de certains, mais je préfère faire des choix judicieux qui impacteront positivement ma santé financière à long terme. Si je dépense à tout vent pour faire plaisir aux autres, ça profite réellement à qui? Certainement pas à mon portefeuille!

Comme l’exprime bien Nicolas Bérubé dans son livre Les millionnaires ne sont pas ceux que vous croyez :

Or, chaque achat cause du tort à la capacité que nous avons de nous enrichir, de bâtir notre indépendance financière et notre aptitude à utiliser notre temps comme nous l’entendons – aujourd’hui comme dans 10, 30 ou 50 ans.

Alors, cheap, économe, frugal, appelez ça comme vous le voulez. Comme ma tante le dit si bien dit : j’aime payer le juste prix. Parfois, le prix est de 0$, quand je juge simplement ne pas en avoir besoin d’une bébelle.

Et vous, faites-vous certains choix financiers qui font sourciller vos proches? Avez-vous envie de leur inculquer quelques bases frugales à l’occasion?

N’hésitez pas à m’en faire part.

Sur ce, à la prochaine!