Catégorie : CRI

Mon portefeuille de placements

J’avais hésité jusqu’à maintenant à faire un billet du genre, par peur que ça soit inintéressant. En effet, je suis une investisseuse à long terme, qui vise sur la croissance via une approche indicielle. Je veux le moins de gestion possible à faire. J’achète et je garde. Plutôt ennuyant, non?

Pour vrai, je ne fais pas de grandes analyses de titres individuels et je me balance des ratios cour/bénéfice et autre.

En réalité, j’aime avoir le moins de titres possible. Les FNB tout-en-un? Une de meilleure invention au monde.

En fait, je crois sincèrement que c’est la méthode d’investissement qui convient à la plus grande majorité de personnes. Il me semble donc pertinent de l’exposer en détail pour ceux qui trouvent la chose un peu intimidante et qui aimeraient avoir un exemple de portefeuille bien simple (voire banal).

Sachez également que je déteste garder de l’argent non investi. En effet, je n’ai même pas de fonds d’urgence. Il est donc bon de noter que je garde toujours que le strict minimum en encaisse, et ce, dans tous mes comptes de placements.

Finalement, je fais tous mes placements personnels via la plateforme Questrade, un des courtiers en ligne les moins chers au Canada. Si vous êtes intéressés à vous ouvrir un compte, entrez ma QPass Key 665709686438830 et nous obtiendrons tous les deux 25 $. 🙂

Avertissement

Je ne suis pas conseillère financière, fiscaliste ou spécialiste en planification de la retraite.  Je ne suis pas non plus accréditée par la loi pour émettre des recommandations financières. Cet article ne fournira aucun conseil financier.

Je voulais seulement vous exposer mon portefeuille de placements, à titre d’exemple et par souci de transparence. 🙂

CRI

Tout d’abord, on se souvient que j’avais eu à transférer la valeur de mon ancien fonds de pension en 2018. Les fonds ont été déposés jusqu’au montant transférable maximum (29 826 $) dans un compte de retraite immobilisé (CRI) en octobre 2018.

En date du jour, j’y détiens uniquement XEQT, soit un FNB d’allocation d’actifs investi à 100 % en actions. Le ratio de frais de gestion (RFG) est de 0,20 %, ce qui me convient parfaitement pour une approche aussi passive. J’avais anciennement différents FNB que je devais rééquilibrer moi-même. Maintenant, je préfère avoir à faire (ou être tentée de faire) le moins possible de transactions. Dans cet état d’esprit, un FNB du genre me convient parfaitement.

Ainsi, je détiens présentement 1 848 unités achetées en moyenne à 21,66 $.

Je vous rappelle que dans un CRI, on ne peut y ajouter des sommes, autrement que par le transfert d’un ancien fonds de pension. Ainsi, celui-ci croît depuis octobre 2018 uniquement grâce aux rendements composés et aux versements trimestriels de dividendes, que je réinvestis immédiatement.

À la fermeture des marchés vendredi dernier, en considérant mes 1 848 unités et mes quelques dollars en encaisse, j’avais un solde de 46 086,99 $.

REER

Pour ce qui est de mon REER chez Questrade, j’ai exactement la même approche dans que dans mon CRI. Je détiens donc 1 443 unités de XEQT achetées en moyenne à 21,43 $.

À la fermeture des marchés vendredi dernier, en considérant mes 1 443 unités et mes quelques dollars en encaisse, j’avais un solde de 36 007,03 $.

J’ai également un REER chez FTQ, auquel je cotisais chez mon ancien employeur. Je détiens 117,1339 unités, dont la valeur unitaire (au 31 décembre 2020, la valeur étant mise à jour chaque six mois) est de 49,11 $. Ainsi, j’ai un solde de 5 752,45 $.

Finalement, j’ai un dernier REER chez Fondaction, pour les mêmes raisons que FTQ. Je détiens 954,2905 unités, dont la valeur unitaire (également au 31 décembre 2020) est de 14,07 $. Ainsi, j’ai un solde de 13 426,86 $.

Donc, le total de mes placements en REER est de 55 681 $.

CELI

Le CELI étant un véhicule de placement bien différent du REER et du CRI, j’ai décidé d’y avoir une approche légèrement différente. Comme ce compte me permettra de toucher des revenus non imposables à la retraite et que je compte retarder son décaissement le plus tard possible, je peux me permettre plus de risque et de volatilité en échange d’un meilleur rendement.

De plus, j’ai une forte exposition canadienne dans mes REER (largement à cause de FTQ et Fondaction). Ainsi, j’ai décidé d’opter pour un FNB presque uniquement international avec ZGQ. Ce FNB a une gestion un peu plus active, et donc un RFG plus élevé de 0,50 %.

Je détiens donc 863 unités achetées en moyenne à 45,00 $. Considérant la valeur à la fermeture des marchés vendredi dernier, ça revient à un total de 39 689,37 $.

Également, je me permets un volet plus spéculatif avec les tout nouveaux FNBs de cryptomonnaie. Ceux-ci permettent de s’exposer aux rendements de cette classe d’actifs, et ce, à l’abri de l’impôt.

Je détiens donc 55 unités de ETHH.B acheté en moyenne à 10,15 $. Considérant la valeur actuelle, ça revient à un total de 976,80 $.

Finalement, je détiens 160 unités de BTCC.B acheté en moyenne à 10,10 $. Considérant la valeur actuelle, ça revient à un total de 1454,40 $.

Ainsi, le total de mes placements en CELI est de 42 126,12 $.

Analyse

Vous le savez, je suis une nerd et j’aime jouer dans Excel (Google Spreadsheet, en fait). Ça me permet, entre autres choses, de faire différents graphiques pour me donner des visuels de mes portefeuilles et ma progression. Permettez-moi de vous en partager quelques-uns.

Répartition par pays

La grosse différence entre mes deux FNBs principaux (XEQT et ZGQ), c’est la proportion d’actions canadiennes. Dans XEQT, on parle de 24 %, alors que ZGQ en a moins de 1 %. N’oublions pas que mes REER FTQ et Fondaction sont 100 % investis Canada.

Alors, considérant tout ceci, je me demandais à quoi ressemblait l’allocation de mon portefeuille total par pays.

Grâce à cet outil offert par Vanguard, j’ai pu comparer en détail l’allocation spécifique dans le monde des deux principaux FNB, pour ensuite produire un graphique.

Voici le résultat :

Ainsi, je suis investie à 26,9 % au Canada. ZGQ m’a donc bel et bien permis de diminuer un peu mon home country bias. Si j’investissais aussi dans XEQT dans mon CELI, je serais autour de 34 %. Le 46,2 % américain n’est pas terriblement loin du 47 % de XEQT. Finalement, on parle de 26,9 % à l’international, avec notamment le Japon, le Royaume-Uni et la Suisse, parmi les plus importants.

Honnêtement, je n’aurais pas pu deviner que c’était les pays les plus importants de mon portefeuille, après les États-Unis!

Bien sûr, en continuant d’investir dans ZGQ dans mon CELI, je vais continuer de diminuer mon exposition au marché canadien et augmenter mon exposition au marché mondial.

Finalement, voici la preuve qu’on peut très bien être diversifié à l’échelle mondiale avec très peu de FNB.

Croissance du portefeuille

J’ai sorti un autre graphique intéressant qui démontre la progression de mes comptes depuis que j’ai commencé à investir. Le voici :

Malgré que je n’ai rien investi dans mon REER depuis environ avril 2020 ni dans mon CRI depuis le transfert en octobre 2018, on constate bien la croissance due au rendement et aux dividendes.

J’aime particulièrement constater la croissance de mon CELI depuis que j’y concentre presque la totalité de mon épargne. Il va continuer à gagner du terrain dans les prochaines années, au fur et à mesure que je m’approche de le maximiser. Il me reste d’ailleurs un peu moins de 40 000 $ à y contribuer en date du jour.

Proportion par type de compte

Finalement, le tout m’amène à visualiser la proportion de chaque compte au sein de mon portefeuille. En date du jour, la répartition de mes différents comptes ressemble à ceci :

On parle donc de 71 % de placements imposables (REER et CRI) et 29 % de placements non imposables (CELI). Bien sûr, comme je concentre presque uniquement mon épargne dans mon CELI actuellement, le pourcentage de placements (et donc de revenus futurs) non imposables continuera d’augmenter en proportion.

Retenez qu’il n’y a aucun inconvénient à avoir un CELI bien garni. On ne peut pas en dire autant d’un REER. 🙂

Allocation d’actifs

Eh oui, ça donne un portefeuille assez agressif. Que voulez-vous, j’ai un long horizon de placement et une excellente tolérance au risque. 😉

Je suis donc presque investie à 100 % en actions dans mes placements traditionnels. Les quelques pourcentages qui ne sont pas investis en actions sont investis en FNB de cryptomonnaie, ce qui est considéré encore plus risqué que des actions.

Bien que j’aie l’intention de revoir mon allocation d’actifs à l’approche de la retraite,  je n’ai aucun intérêt à réduire mon rendement avec des obligations entre temps.

Dans les faits, il ne faut pas oublier que je suis une des chanceuses à avoir un régime de retraite à prestations déterminées. Ce type de régime de retraite est tellement blindé, que c’est tout comme si j’avais une certaine portion d’obligations.

En fait, j’ai vérifié et le rapport annuel de 2020 de mon fonds de pension indiquait que 45 % des sommes sont investis en obligation. Par le fait même, j’ai moi-même une certaine exposition, indirectement. Je n’ai pas accès directement à ces sommes pour le moment, mais je compte transférer la valeur de mes droits quand je quitterai le monde du 9 à 5.

Aussi plate que ça!

Voilà, j’espère que c’était intéressant pour certains d’entre vous, chers lecteurs. Il s’agit d’une approche de l’investissement particulièrement ennuyante. Toutefois, ça a fait ses preuves. Après tout, les investisseurs qui obtiennent les meilleurs rendements sont… morts. Comme quoi l’inactivité a ses avantages. 🙂

Pour toute la platitude de mes placements en bourse, je pense bien compenser avec mon portefeuille de cryptomonnaie. Ainsi, mon prochain article sera dans la même veine. Je vous offrirai cette fois des détails sur mon fameux portefeuille de cryptomonnaie. Cela risque d’être un peu plus rocambolesque. 😉

Et non, je ne compte pas Dogecoin parmi mes autres cryptomonnaies.

Au plaisir!

Comment je planifie le décaissement

Bonjour!

Dans les derniers mois, vous avez été plusieurs à avoir réclamé un article sur ma stratégie de décaissement. En fait, j’avais déjà survolé le sujet dans mon article intitulé Vivre de ses revenus passifs.

Toutefois, il y a si peu de ressources sur le décaissement dans le contexte d’une retraite (très) précoce que j’ai cru pertinent d’élaborer un peu plus sur le sujet. De plus, notre ami FIRE Habits a écrit le mois dernier sur sa propre stratégie de décaissement. En y ajoutant la mienne, vous pourrez ainsi voir deux stratégies différentes pour deux situations complètement différentes.

Comme il le dit si bien dans son article, « il y a autant de stratégies de décaissements que de fiscalistes ».

Bien sûr, cette stratégie pourra très bien être amenée à changer en cours de route. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve, après tout. Ainsi, en me basant sur mes projections en date du jour, je vous présente les grandes lignes de ma stratégie de décaissement en tant que femme célibataire sans enfants.

Avertissement

Je ne suis pas conseillère financière, fiscaliste ou spécialiste en planification de la retraite.  Je ne suis pas non plus accréditée par la loi pour émettre des recommandations financières. Cet article ne fournira aucun conseil financier.

Je tenterai seulement de vous exposer comment j’entrevois ma stratégie de décaissement pour vivre de mes placements, et ce, au meilleur de mes connaissances. Le but est d’offrir un exemple de stratégie et d’amener peut-être certains d’entre vous à réfléchir à votre propre stratégie.

Les différentes sources de revenus

Tout d’abord, le plus embêtant dans le décaissement, c’est les nombreuses sources de revenus possibles à la retraite. Ces différentes sources de revenus varient autant sur le point de vue fiscal que sur le point de vue temporel.

Voici les sources de revenus auxquelles j’aurai accès à différents moments, ainsi que leurs particularités à considérer.

REER

On connait tous bien le REER et ses grandes lignes. C’est-à-dire que les retraits sont imposables au même taux d’imposition que du revenu. Le REER offre une certaine flexibilité en n’ayant aucun plafond de retrait maximum. Toutefois, une fois le retrait fait du REER, l’espace de cotisation n’est pas récupérable. Elle disparaît à jamais.

De plus, peu importe la somme retirée, votre institution financière doit faire une retenue d’impôt à la source. Si la retenue s’est avérée trop élevée, la somme pourra être récupérée lors du prochain remboursement d’impôt. On n’aime certainement pas faire de prêt à 0 % d’intérêt au gouvernement, mais ainsi va notre merveilleux système fiscal.

Un REER peut également être transféré dans un Fonds enregistré de revenu de retraite (FERR).

FERR

Si ce n’est pas déjà fait, un REER doit être transféré dans un FERR à 71 ans et un retrait annuel minimum est alors établi en fonction de l’âge. À titre d’exemple, le taux de retrait minimum à 71 ans est de 5,28 % et augmente au fil des ans. Ce taux est donc supérieur à la règle du 4 %. Comparativement à un REER,  on ne peut pas ajouter de fonds à un FERR lorsque celui-ci est établi.

Mes recherches ne m’ont pas permis de déterminer un avantage à transférer le REER en FERR dans le contexte d’une retraite précoce. En effet, vous pouvez simplement retirer les sommes du REER, sans faire de transfert dans un FERR. N’hésitez pas à me corriger si je me trompe et qu’il y a bel et bien un avantage à faire le transfert!

CRI

Ceux qui me lisent depuis un certain temps le savent : je bénéficie d’un régime de retraite à prestations déterminées (RRPD) chez mon employeur actuel. De plus, je compte faire le transfert des droits de mon régime quand je rendrai ma démission. Le transfert se fera en grande partie dans un compte de retraite immobilisé (CRI). J’ai d’ailleurs déjà fait ce genre de transfert après avoir changé d’employeur en 2018. J’aurai ainsi une somme considérable dans mon CRI.

Quelles sont les particularités à retenir de ce compte enregistré? C’est en fait assez similaire au REER. Les sommes qui y ont été transférées n’ont jamais été imposées. Elles le seront donc au moment du retrait comme du revenu.

Toutefois, la seule façon d’en retirer un revenu, c’est de transférer les sommes premièrement dans un fonds de revenu viager (FRV).

FRV

Au Québec, nous sommes assez chanceux. En effet, il n’y a aucun âge minimum requis pour transférer son CRI dans un FRV. Je comprends toutefois que ce n’est pas aussi simple pour les autres provinces ou pour les régimes de retraite à compétence fédérale. Heureusement, ce n’est pas mon cas.

Ainsi, après le transfert, on peut retirer un des deux types de revenus possibles du FRV.

Revenu viager :

Ce qu’il faut essentiellement retenir du revenu viager, c’est qu’il est sujet à un maximum autorisé chaque année. Le maximum est calculé en fonction de l’âge, du solde du FRV et du taux de référence fixé chaque année pour les FRV (6% en 2021). L’idée derrière ça, c’est que le revenu viager doit durer jusqu’au décès.

Ainsi, ce type de revenu a beaucoup plus de limitations que le REER.

Revenu temporaire :

Le revenu temporaire, quant à lui, offre plus de flexibilité. En effet, il permet de faire des retraits jusqu’à 40 % de la valeur du MGA, soit 24 640 $ en 2021. Une demande spécifique doit être faite chaque année à son institution financière pour en bénéficier.

Pour s’y qualifier, Retraite Québec précise qu’il faut satisfaire aux deux conditions suivantes :

  • Posséder un seul FRV;
  • Le montant brut des autres revenus des 12 mois qui suivent la demande de revenu temporaire ne doit pas dépasser 40 % du MGA pour l’année de la demande.

Également, comme le REER, le CRI doit être transféré obligatoirement dans un FRV à 71 ans au plus tard et est sujet à un retrait annuel minimum établi en fonction de l’âge.

Dans ma situation, je devrais être éligible au revenu temporaire comme mes revenus bruts totaux ne devraient pas dépasser 40 % du MGA. J’aurai donc plus de flexibilité que si je n’avais accès qu’au revenu viager.

Retraite Québec offre d’ailleurs un calculateur qui donne une idée de quel revenu il est possible d’obtenir de son FRV.

CELI

On connait tous le CELI, ce véritable cadeau du gouvernement.

Après y avoir cotisé des sommes ayant déjà été imposées, les retraits et tous rendements de placements ne sont pas sujets à imposition.

Ainsi, il n’y a aucun inconvénient à laisser son CELI fructifier le plus longtemps possible. Le CELI offrira un revenu de retraite non imposable. Laissez-moi reformuler :

Plus on laisse le CELI croître, plus on aura de revenus non imposables.

De plus, contrairement au REER, tout retrait du CELI libère de l’espace de cotisation pour l’année suivante. Autrement dit, si vous retirez 10 000 $ de votre CELI une année, vous pourrez remettre ce 10 000 $ l’année suivante.

À cela s’ajoute également le nouveau plafond annuel. En 2021, cela représentait un nouveau 6 000 $ de cotisation supplémentaire au CELI. Bien sûr, ceci pourrait être amené à changer si le gouvernement fédéral réalise à quel point le CELI est une arme de destruction fiscale massive. 😉

Compte non enregistré

Les comptes non enregistrés n’ont pas de minimum ou de maximum de retrait. Ils permettent de toucher différents revenus de placements, qui sont sujets à différentes règles d’imposition. D’ailleurs, notre ami Felipe en fait la description parfaite dans ce vidéo (anglais). Essentiellement, voici ce qu’il faut retenir.

Dividendes

Les dividendes ont un traitement fiscal préférentiel grâce aux crédits d’impôt. Les dividendes d’actions canadiennes sont encore moins imposés. Les crédits d’impôt sont en fait si généreux, qu’en l’absence d’autre revenu, une personne seule peut recevoir jusqu’à près de 50 000 $ de dividendes sans payer un seul dollar d’impôt. Il faut se rappeler aussi que les dividendes sont sujets à imposition dès la distribution, même si on compte les réinvestir.

Certains FNB sont conçus pour ne verser aucun dividende. Ce genre de FNB simplifie donc cet aspect fiscal.

Gains en capital

Le gain en capital, ou profit réalisé lors de la vente d’un titre, est imposé de façon préférentielle. En effet, le taux d’inclusion au revenu est de 50 % seulement. Pour le moment, du moins. 

À titre d’exemple, un titre acheté à 100 $ puis vendu à 120 $ représente un gain réalisé de 20 $. Toutefois, seulement 50 % de ce gain, donc 10 $, sera sujet à imposition.

L’avantage majeur de ce type de revenu, c’est qu’il doit être déclaré uniquement quand le gain est réalisé, c’est-à-dire quand le titre a été vendu. Il y a donc moyen de différer ce gain en capital autant de temps qu’il sera nécessaire.

Intérêts

Le revenu d’intérêts est le type de revenu de placements le moins efficace d’un point de vue fiscal.  En effet, les revenus d’intérêts sont entièrement imposés au même taux d’imposition que du revenu.

Il faut se souvenir que seules les obligations produisent des revenus d’intérêts. Considérant l’imposition beaucoup moins avantageuse de ce type de revenu, mieux vaut garder ses obligations dans un compte enregistré.

Régimes de retraite publics

Maintenant, les différentes sources de revenus auquel j’aurai droit à l’âge traditionnel de la retraite ne doivent pas être négligées. Je parle bien sûr des régimes de retraite publics comme le Régime de rentes du Québec (RRQ) et la Pension de la sécurité de la vieillesse (PSV).

RRQ

La rente du RRQ est établie en fonction des revenus de travail sur lesquels on a cotisé. Ainsi, il est difficile d’estimer à quoi ressemblera ces montants dans plusieurs années, voire décennies. Cependant, la RRQ donne accès à nos propres relevés de participation sur ce site. Dans la section 3, on y retrouve le « montant actuel mensuel ». Ce montant représente une estimation de la rente de retraite à l’âge indiqué, si aucun autre revenu de travail n’est ajouté d’ici là.

Ce dont il faut surtout se souvenir, c’est que le RRQ prévoit des sommes imposables qui peuvent être accessibles dès l’âge de 60 ans. De 60 à 70 ans, le montant de la rente varie énormément.

PSV et SRG

Contrairement au RRQ, le montant de la PSV est établi en fonction du nombre d’années où l’on a habité au Canada après l’âge de 18 ans.

En dollars de 2021, le montant mensuel maximum de PSV est de 615,37 $ (ou 7 384,44 $ par année). Ces sommes sont imposables. On peut commencer à la recevoir dès l’âge de 65 ans, mais elle peut être reportée jusqu’à 70 ans. Tout comme le RRQ, plus on reporte, plus le paiement de pension sera élevé.

Si le revenu net individuel excède 79 845 $ (incluant les prestations de la PSV), une partie de la PSV doit être remboursée. Aucune pension n’est versée lorsque le revenu net excède 129 075 $.

À cela peut s’ajouter le Supplément de revenu garanti (SRG). Contrairement à la PSV, le SRG est non imposable. En dollars de 2021, toute personne célibataire ayant moins de 18 648 $ en revenu annuel imposable peut aller chercher jusqu’à 919,12 $ de plus par mois, soit 11 029,44 $ par année. De plus, l’ARC précise qu’il n’y a aucun avantage à reporter la pension quand on est admissible au SRG.

La composition du portefeuille

J’en ai précédemment parlé dans mon article sur comment investir son épargne, toutefois le sujet est toujours aussi pertinent, sinon plus, lorsque vient le moment de décaisser.

En plus de choisir une répartition d’actifs avec laquelle on est confortable, il est important de mettre les bonnes choses aux bons endroits. Il y a deux simples et bonnes raisons : le rendement et l’optimisation fiscale.

Ainsi, voyons voir les différentes particularités des principales classes d’actifs, c’est-à-dire les actions et des obligations.

Les actions

Des actions, c’est pertinent partout. C’est les actions qui permettront d’aller chercher un bon rendement à long terme et ainsi assurer la pérennité de notre fond de liberté. Peu importe la répartition d’actif choisie, votre portefeuille a de grandes chances de contenir une part importante d’actions. Toutefois, le compte où prioriser les actions demeure le CELI. C’est où on veut un maximum de rendement.

Il y a historiquement une différence de rendement entre les actions internationales et les actions canadiennes. Ainsi, il serait pertinent de concentrer la portion plus performante (internationales) dans le CELI et la portion moins performante (canadiennes) dans le REER/CRI.

Les obligations

On se souvient que les obligations offrent plus de stabilité, mais ralentissent nécessairement le rendement. En plus de ça, elles produisent un revenu de placement plus lourdement imposé. Le choix logique revient donc à garder ses obligations dans le REER/CRI. À moins de détenir un FNB d’obligations sans distribution, il n’y aucun avantage à en garder dans un compte non enregistré.

Le CELI est le dernier endroit où détenir des obligations. On ne veut surtout pas ralentir le rendement du CELI et amputer notre futur revenu non imposable.

Mon futur portefeuille

Considérant tout ce qui précède, j’ai fait des projections pour avoir une idée de mon portefeuille au moment du décaissement. Comme je l’expliquais dans un article précédent, j’aurai gardé suffisamment d’espace REER pour absorber l’excédent de mon RRPD. Ainsi, une fois le transfert des droits fait, mon portefeuille devrait ressembler à ceci :

CompteMontantProportionFNBTraitement fiscal
REER/CRI260 000 $61 %XEQT et
ZAG
Imposable
CELI125 000 $30 %ZGQNon imposable
Non-enregistré40 000 $9 %HGRO50 % du gain en capital
Total425 000 $

Présentement, j’investis à 100 % en actions dans mes placements (ZGQ et XEQT). Je favorise d’aller chercher le plus de rendement possible en phase d’accumulation. Toutefois, quand j’approcherai le moment de décaisser, je pense faire la transition vers environ 90 % en actions et 10 % en obligations.

Ainsi, comme le REER et le CRI agissent de façon assez similaire, on parle donc d’un gros 61 % de mon portefeuille sujet à être imposé comme du revenu. J’y détiendrai mon 10 % en obligations (ZAG), vu le traitement fiscal peu avantageux du revenu sur les intérêts. Également, tant qu’à détenir des obligations et ralentir mon rendement, je préfère qu’ils ralentissent mes comptes les plus sujets à être imposés. J’y concentrerai également mon home country bias (XEQT).

Le CELI, représentera environ 30 % de mon portefeuille, et pourra offrir un revenu non imposable. Il sera investi à 100 % en actions internationales (ZGQ) afin de lui permettre de croître autant que possible. On se souvient qu’il n’y a aucun désavantage à avoir un gros CELI. 🙂

Le compte non enregistré, quant à lui, représentera un maigre 9 % de mon portefeuille. En détenant uniquement un FNB à 100 % d’actions sans distribution (HGRO), seul le gain en capital sera imposable. Le traitement fiscal sera donc bien plus avantageux que le REER/CRI.

Ma stratégie de décaissement

Gardons en tête que le système d’imposition canadien est un système progressif, ce qui signifie que les faibles revenus sont imposés à un taux moins élevé que les revenus élevés. Plus vous retirez de revenus imposables, plus vous payez d’impôt.

Il faut donc soigneusement s’assurer de ne pas recevoir trop de revenu imposable en même temps. Il faut garder en tête que le RRQ et la PSV seront imposables plus tard. En même temps, il faut considérer que le REER/CRI devra être obligatoirement transféré dans un FERR/FRV à 71 ans et sera sujet à un retrait minimum prédéfini (assurément plus élevé que 4 %).

Ainsi, je vois le décaissement en deux temps.

Avant 65 ans

Rappelons-nous que le REER/CRI est imposé le plus lourdement, que le non enregistré est imposé plus avantageusement et que le CELI n’est pas du tout imposé.

Considérant ceci, je prioriserais le décaissement de mes deux comptes les plus lourdement imposés, c’est-à-dire mon REER et mon CRI, et ce, dès le départ. Comme je vise une retraite frugale, mes retraits tourneraient autour du montant personnel de base. Le reste, si nécessaire, pourrait provenir du compte non enregistré. Ainsi, je payerais très peu d’impôt, même en faisant des retraits de mon compte le plus lourdement imposé.

Je pourrais également lentement transférer des sommes de mon compte non enregistré vers le CELI, si nous continuons à avoir de nouveaux espaces de cotisations chaque année.

De cette façon, je retarderais les retraits du CELI le plus tard possible. Entre temps, celui-ci continuerait de croître avec un FNB à haut rendement. Quand viendrait le temps de le décaisser, c’est-à-dire une fois que le REER/CRI serait entièrement épuisé, le CELI pourrait offrir un revenu à 100 % libre d’impôt. Ceci tomberait bien, car viendront inévitablement les revenus imposables des régimes publics.

Après 65 ans

Il est bien difficile d’estimer le montant du ma rente futur du RRQ, comme j’ai l’intention de cesser d’y contribuer longtemps avant d’y avoir droit. À l’éternelle question à savoir à quel âge je sortirai ma RRQ et ma PSV, je suis encore moins décidée. Pour la forme, disons 65 ans. Peu importe l’âge et la somme, ce sera tout de même une forme de revenu imposable.

Ainsi, si j’ai déjà complètement épuisé le REER/CRI et mon compte non enregistré, il ne me resterait qu’une seule autre source de revenus à ce moment-là. Le CELI serait alors une source de revenu entièrement non imposable.

Ainsi, dans l’absence d’autres revenus imposables, les sommes du RRQ et de la PSV seront plus favorablement imposées (ou pas du tout). De plus, j’aurai très possiblement accès au SRG. Ces revenus supplémentaires des régimes publics devraient alors me permettre de diminuer légèrement mes retraits de mon CELI à moins de 4 % par année. Ceci devrait assurer encore plus la pérennité de mes placements.

La stratégie inverse

Pour plusieurs, décaisser un REER à 35 ans, c’est un sacrilège. Pourtant, il s’agit vraiment de la façon la plus optimale de décaisser, maintenant que le CELI fait partie de la game.

Imaginez la stratégie inverse.

Tout d’abord, je commencerais par décaisser uniquement mon CELI. Ainsi, je profiterais d’un revenu non imposable pendant peut-être 10-15 ans à peine, avant que le compte soit entièrement épuisé.

Par la suite, il ne me resterait que des comptes sujets à imposition. De plus, pendant que je liquiderais mon CELI, le REER/CRI et le compte non enregistré continueraient de croître. À cela s’ajouterait l’accumulation d’un passif fiscal. Finalement, je commencerais à les décaisser seulement vers 45-50 ans.

À cela s’ajouteraient les revenus imposables des régimes publics vers 65 ans. À 71 ans, le REER/CRI devrait obligatoire être transféré en FERR/FRV et serait sujet à un retrait minimum de 5,28 % et plus par année. Si la somme de tous ces revenus imposables s’avérait assez élevée, je n’aurais pas droit au SRG et je serais plus lourdement imposée.

Ne vaudrait-il pas mieux d’étaler mes revenus imposables sur toute la durée de la retraite?

À cet égard, Pierre-Yves McSween parle de la stratégie d’amortissement ou l’art d’étaler ses retraits d’un REER pour réduire son impôt dans le chapitre 17 de Liberté 45 intitulé La liberté fiscale (ou presque). Je vous en recommande fortement la lecture.

Décaisser pendant une apocalypse

Bien sûr, il faut prévoir aussi quelques stratégies en cas de catastrophe. Que ce soit un pépin dans sa vie personnelle ou un effondrement des marchés boursiers, il faut savoir adapter sa stratégie de décaissement.

Personnellement, je ne crois pas au fait de garder l’équivalent de plusieurs années de dépenses en argent. Présentement, en phase d’accumulation, je n’ai pas même de fonds d’urgence. À cet égard, cet article me rejoint beaucoup.

Toutefois, une fois rendue au décaissement, je garderai possiblement 3-6 mois de dépenses en argent, tout au plus, mais certainement pas l’équivalent de plusieurs années. Ce petit fonds d’urgence pourra être utile en cas de correction pour éviter de vendre à perte dans l’immédiat.

En cas de bear market pendant le décaissement, je favoriserais plutôt la vente d’obligations, plutôt que de vendre des actions à perte. Considérant que je devrais avoir 10 % de mon portefeuille en obligations, ça représente environ 2 ans et demi de dépenses annuelles.

Je n’écarte également pas la possibilité de diminuer encore plus mes dépenses, ou simplement de travailler. Il n’y a aucune honte à ça. 😉

Les dividendes que je recevrai dans mon CELI et REER/CRI représenteraient également du revenu qui ne nécessiterait pas de vendre à perte. Ainsi, au lieu de les réinvestir pendant un marché baissier, je pourrais les utiliser pour couvrir mes dépenses.

Voici un bref survol, que j’avais même déjà abordé auparavant, mais qui pourrait nécessiter un article à lui seul éventuellement. 🙂

Conclusion

Voilà donc comment j’entrevois ma stratégie de décaissement avec les données que j’ai actuellement. Je suis bien consciente que 1 001 choses peuvent changer d’ici là. Toutefois, pour atteindre un objectif dans la vie, il faut planifier. Un objectif sans plan, c’est du rêve. On planifie avec les éléments connus, et on ajuste au fur et à mesure.

If you fail to plan, you are planning to fail.

– Benjamin Franklin

Je ne suis pas une professionnelle et il y a assurément des éléments que j’ai oublié ou négligé de prendre en considération. N’hésitez pas à me faire part de ce que j’aurais pu oublier. Toutefois, considérant le manque de ressources sur le sujet, il est pertinent de lancer la conversation et d’échanger.

Avez-vous pensé à votre propre stratégie de décaissement? 🙂