Comment optimiser ses cotisations REER

Ceux ayant lu mon article intitulé Pourquoi je ne cotiserai plus à mon REER sourcilleront peut-être à la lecture du titre de cet article. 😉

Sachez que mon plan de match à l’égard de mon REER ne s’applique certainement pas à tous. Pour la majorité des gens, cotiser à son REER est une excellente idée.

Je tenais donc à partager cette façon d’optimiser les cotisations REER pour ceux qui ont encore des cotisations inutilisées.

Bien que je ne prône pas le fait de s’endetter, cette méthode pourrait nécessiter l’utilisation d’un prêt REER, d’un prêt personnel, d’une marge de crédit ou toute autre forme d’emprunt. Si bien exécutée, il est possible de payer peu ou pas d’intérêt, tout en augmentant considérablement ses cotisations REER pour une même année.

Alors, si vous avez cotisé à votre REER cette année sans avoir atteint le maximum de vos cotisations, cet article vous sera probablement utile. 🙂

La saison des REER

Voilà le nom que plusieurs institutions financières aiment donner aux 60 premiers jours de l’année. En effet, il s’agit du dernier sprint pour cotiser à son REER pour réduire les impôts de l’année précédente.

Généralement, les sous-épargnants négligent leur REER toute l’année. Une fois que la saison des REER frappe à leur porte, ces personnes se dépêchent de mettre de l’argent dans le REER (souvent même via l’emprunt), pour s’assurer d’avoir un remboursement d’impôts (dans le but de payer le prochain voyage dans le sud).

Ça vous rappelle quelqu’un de votre entourage? 😉

Une façon beaucoup plus saine d’épargner, c’est de le faire automatiquement et régulièrement tout au long de l’année. Voilà une excellente habitude financière à prendre pour s’assurer une belle retraite (précoce ou non).

En plus, une fois qu’on a épargné tout au long de l’année, on se retrouve dans une excellente position pour optimiser ses cotisations grâce au prêt REER (entre autres), que votre institution financière vous a peut-être même déjà proposé.

La méthode classique

J’aime vous présenter des exemples avec mes chiffres. Toutefois, en date du jour, mon REER est déjà pleinement maximisé. Je vais donc prendre l’exemple de ma sœur pour vous démontrer en premier temps la méthode classique de cotisations au REER.

Ma sœur a cotisé 11 780 $ à son REER en 2020. Bravo! Je me demande de qui elle tient. 🙂 Pour la bonne compréhension de cet article, je vais toutefois arrondir à 10 000 $.

Il lui reste d’ailleurs environ 12 000 $ en cotisations inutilisées. Elle pourrait donc continuer à cotiser sans problème. Elle a toutefois décidé de se concentrer son épargne dans son CELI.

À l’aide du calculateur de Wealthsimple, je peux obtenir les détails sur son taux d’imposition moyen et marginal ainsi que l’estimation de son remboursement d’impôt.

Elle peut donc s’attendre à un remboursement d’impôt approximatif de 3 270 $. Magnifique!

C’est ici que les bons épargnants prévoient déjà réinjecter ce remboursement directement dans leur REER pour réduire leurs impôts en 2021. C’est exactement ce que ma sœur prévoyait faire.

C’est ici que je suis intervenue. Car en utilisant le prêt REER, ou de toute autre forme d’emprunt, il y a moyen d’optimiser ses cotisations REER pour l’année 2020 sans débourser plus de sa poche.

La méthode optimisée

Si ma sœur obtenait un emprunt au même montant que le remboursement d’impôt anticipé, soit 3 270 $, et qu’elle cotisait cette somme pendant les 60 premiers jours de 2021, elle pourrait augmenter ses cotisations totales à 13 270 $ pour réduire ses impôts de 2020.

Conséquemment, son remboursement d’impôt ne serait plus de 3 270 $, mais bien de 4 171 $.

Avec une telle somme, elle en aurait amplement pour rembourser rapidement l’emprunt au complet et s’éviter ainsi de payer des intérêts. Il en resterait même pour cotiser au REER à nouveau dans le but de réduire ses impôts de 2021.

Par contre, si vous avez compris le principe, vous me voyez peut-être venir.

Si ma sœur peut s’attendre maintenant à recevoir 4 171 $, alors pourquoi ne pas emprunter ce montant à la place et l’injecter dans le REER, et ce, pendant les 60 premiers jours de 2021?

Ses cotisations totales pour 2020 s’élèveraient alors à 14 171 $, qui généreraient ensuite un remboursement d’impôt de 4 419 $.

On peut y aller, ainsi de suite, jusqu’à atteindre le point d’intersection.

Idéalement, on ne veut pas emprunter plus que le remboursement d’impôt futur, car celui-ci servira à rembourser l’emprunt. De cette façon, on évite de payer des intérêts. Bien sûr, certains prêts REER, par exemple, ont des taux d’intérêt si avantageux qu’il pourrait être tout de même intéressant d’emprunter un peu plus et d’assumer l’intérêt minime à payer.

Ultimement, la décision vous appartient à quel point vous êtes à l’aise avec l’emprunt pour investir.

Le point d’intersection

Dans l’exemple de ma sœur, le sweet spot se chiffre à 4 512 $.

Elle pourrait donc emprunter cette somme pour augmenter ses cotisations totales à 14 512 $ pour 2020 et obtiendrait 4 512 $ en remboursement d’impôt. Ce remboursement serait ainsi égal à la somme empruntée.

Il pourrait être plus simple pour vous d’utiliser ce calculateur pour connaître la cotisation totale que vous devriez faire. Vous n’avez qu’à entrer le montant de cotisation que vous avez déjà fait à ce jour et votre taux d’imposition.

Sur réception du remboursement d’impôt, ma sœur pourra rembourser l’emprunt en entier. Elle pourra alors repartir à zéro avec des cotisations REER normales (régulières et automatisées) pour 2021.

Finalement, au lieu de s’être contentée d’un remboursement d’impôt non optimisé de 3 700 $ pour réduire ses impôts de 2021, elle aura ajouté 4 512 $ à ses cotisations pour réduire ses impôts de 2020.

En procédant ainsi, elle aura devancé des cotisations futures. Et ça, ça full un REER sur un moyen temps, en plus de lui faire profiter des intérêts composés un peu plus tôt. 😉

Une dette qui vaut la peine

Bien sûr, l’idée est de devancer ses cotisations futures. Ça n’a pas besoin de passer nécessairement pas un prêt REER. L’argent peut provenir d’une marge de crédit ou d’un emprunt à un ami, par exemple.

Personnellement, quand j’avais encore des cotisations inutilisées, je m’empruntais l’argent à moi-même, en puisant dans mon fond d’urgence. J’avais donc un fond d’urgence à zéro pendant quelque temps, mais j’étais prête à assumer le risque. Ça me permettait également de ne pas payer d’intérêts sur un emprunt, outre le coût de renonciation sur l’intérêt qu’aurait généré la somme dans un banal compte d’épargne.

Si vous parvenez à vous avancer des sommes sans intérêts, il peut être avantageux d’emprunter plus que le montant éventuel de remboursement d’impôt. À vous de gérer votre stratégie. 🙂

De plus, pour ceux qui cotisent aux fonds de travailleurs tels que FTQ ou Fondaction, les crédits d’impôt de 30 % ou 35 % augmentent les remboursements d’impôt de manière considérable et rendent la manœuvre encore plus efficace!

C’est ce que j’ai fait  en 2018 et 2019, alors que je n’avais pas encore atteint le maximum de mon REER. Ça a vraiment augmenté mes cotisations et ça m’a permis de maximiser mon REER plus rapidement!

Il faut juste avoir la discipline nécessaire pour utiliser le remboursement d’impôt pour payer l’emprunt autant que possible en totalité, plutôt que de se payer un voyage dans le sud. 😉

Bonus

Bien sûr, toute personne optimisant ses cotisations REER verra son revenu imposable diminuer. Cela pourrait avoir pour effet de donner accès ou d’augmenter les remboursements de TPS et de crédit de solidarité.

Il s’agit également d’un aspect non négligeable pour les familles. En diminuant encore plus son revenu imposable, tout parent qui effectue cette manœuvre pourra bonifier ses allocations pour enfants.

Si ces sommes sont par la suite ajoutées au REER au fur et à mesure pendant l’année, ça préparera le terrain pour refaire la manœuvre à la prochaine saison des impôts. Du moins, jusqu’à ce que le REER soit maximisé (ce qui ne saurait tarder). 🙂

Eh oui, encore de l’optimisation fiscale

Que voulez-vous, j’suis plate de même. Par contre, quiconque est en mesure d’effectuer la manœuvre décrite dans cet article en tirera profit. 🙂

Je suis curieuse de savoir si vous avez des méthodes comme ça pour optimiser l’utilisation de vos comptes enregistrés ou vos impôts en général. Avez-vous des trucs pour tirer votre épingle du jeu lors de la saison des REER? N’hésitez pas à laisser un commentaire!

Entre temps, j’attends impatiemment ma saison préférée. Je parle bien… de la saison des impôts. 😉

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14 Comments

  1. Ah ben caline! Je ne connaissais pas cette technique! J’essaie ça cette année c’est certain! C’est bien expliqué merci de l’article!

  2. Wow je n’avais jamais pensé à ça!
    J’aime vraiment ton blogue parce que tu vas en profondeur et explique bien les calculs! Je cherche désespérément des infos pour optimiser mes rapports d’impôt, as-tu des références à partager? J’ai déjà vu le blogue de « se payer en premier », j’en voudrais plus!! Haha plus d’info et plus en profondeur! Tu me sembles aussi allumé sur le sujet alors je me suis dis que tu avais p-e déjà des trouvailles intéressantes 😉
    Merci à l’avance!! 🙂

    • Merci de me lire et d’avoir commenté! C’est très gentil. 🙂

      Malheureusement, je n’ai pas vraiment d’autres références bien précises à vous partager. Je cherche mes informations un petit peu partout, ici et là, et je les cite au fur et à mesures dans mes articles. Toutefois, si vous avez des questions bien précises, ça me ferait plaisir d’échanger avec vous!

      Au plaisir. 🙂

  3. Guillaume Caron

    27 janvier 2021 at 14:56

    Bonjour,

    Jai une situation tres semblable a celle de votre soeur, et j’aimerais savoir quel est le calcul pour arriver au montant sweet spot ?

    • Bonjour! 🙂

      Il n’y a malheureusement pas de formule précise. Pour arriver le plus près du sweet spot, il faut faire du essai-erreur avec un calculateur comme celui de Wealthsimple, jusqu’à arriver au point d’intersection!

      J’espère que vous pourrez tirer profit de la méthode. 🙂

      • Guillaume Caron

        27 janvier 2021 at 15:41

        Dans ce cas, si je dois y aller au ”pif”. Qu’es ce qui fait que le sweet spot est le sweet spot ?

        • Quand le retour d’impôt sera égal à la somme empruntée. De cette façon, on peut rembourser le prêt en totalité et ne pas payer d’intérêt.

          Comme dans l’exemple de ma sœur qui avait déjà cotisé 10 000 $, le sweet spot est 4 512 $. En ajoutant cette somme (empruntée) à ses cotisations d’ici le 1er mars, elle pourra aller chercher un retour d’impôt de 4 512 $.

          Elle pourra donc appliquer le retour d’impôt complet sur son emprunt pour le rembourser. Le résultat : elle aura cotisé 4 512 $ de plus applicable sur son revenu de 2020, sans puiser de sa poche.

  4. comment entré une contribution reer forfaitaire au fondaction pour calculé l’estimation du remboursement avec la calculatrice de wealthsimple?

    • Malheureusement, il n’y a pas moyen de le considérer dans la calculatrice de Wealthsimple. Il n’y a pas de calcul exact, outre la déclaration de revenus bien sûr. Le mieux qu’on peut faire en attendant, c’est estimer!

      Pour Fondaction, il faut se souvenir que c’est un 35 % de crédit d’impôt supplémentaire sur votre montant forfaitaire.

      Plus simplement, si vous cotisez 10 000 $ à Fondaction, vous pouvez vous attendre à recevoir 3 500 $ de plus grâce au crédit d’impôt. À cela s’ajoute l’estimation de retour d’impôt que Wealthsimple vous calcule.

      Fondaction offrent leur propre calculateur qui pourrait egalement vous donner une petite idée :

      https://www.fondaction.com/particulier/cotiser-a-un-reer.php

  5. Bonjour,

    Super intéressant! Si on a un fond de pension à prestation déterminée, on n’a encore le facteur d’équivalence de 2020 au début 2021 (deduction equivalent REER). Est-ce qu’on pourrait prendre simplement nos cotisations employé et l’ajouter au REER dans le calculateur Wealthsimple afin d’avoir une estimation du retour d’impôt et l’optimiser? Bon ça n’inclût pas la partie employeur mais ça donne une bonne idée quand même je pense. Je pourrais aussi calculer le Facteur d’équivalence à la limite..

    • Bonjour!

      En fait, le facteur d’équivalence ne sert qu’à diminuer vos nouvelles cotisations pour 2021. Habituellement, le calcul s’établit comme suit :

      (Salaire brut de 2020 * 18 %) – FE = Nouvelles cotisations de 2021

      Ainsi, nul besoin de le considérer pour votre futur remboursement d’impôt pour 2020.

      À l’égard du fonds de pension, c’est seulement vos cotisations qui réduisent votre revenu imposable de 2020. À mon avis, vous pourriez donc prendre votre revenu brut de 2020, moins vos cotisations à votre fonds de pension et inscrire le résultat dans la case « Revenu d’emploi » du calculateur de Wealthsimple. 🙂

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