Pourquoi je ne cotiserai plus à mon REER

Je fais partie des privilégiés qui bénéficient d’un régime de retraite offert par son employeur. De nos jours, c’est de plus en plus rare d’en bénéficier. Ce n’est donc pas rare de se faire dire par les autres à quel point on est chanceux d’en avoir un.

De plus, il y a différents types de régime de retraite. Parmi ceux-ci, il y a la Cadillac des régimes de retraite. Je parle bien du régime de retraite à prestations déterminées (RRPD). C’est en fait de celui-là que je bénéficie.

Pour plusieurs, c’est un excellent avantage. Pour ma part, ça me rapprochera de mon objectif beaucoup plus rapidement. En plus de mes cotisations, les cotisations faites par mon employeur me reviendront en partie à mon départ, via le transfert de mes droits au régime.

Pour d’autres, qui ne visent pas l’indépendance financière et qui n’épargnent presque rien, c’est plus une cage en or qu’autre chose. Du moins, c’est comme ça que je le voyais à l’époque ou je n’épargnais pas. Voilà une toute autre discussion!

Le lien avec le REER

Tout d’abord, la cotisation maximale à un REER est le plus petit entre 27 230 $ (plafond pour 2020) et 18 % du revenu gagné l’année précédente.

Cependant, une personne bénéficiant d’un RRPD ne pourra pas réellement cotiser jusqu’à 18 % de son salaire dans son REER. Ça ne serait pas juste pour ceux qui ne bénéficient pas d’un régime de retraite.

Alors, pour équilibrer le tout, l’employeur doit faire le calcul du facteur d’équivalence (FE). Ce facteur doit ensuite être déduit des cotisations REER.

Pour les curieux (ou les nerds comme moi), le calcul du FE pour un régime de retraite à prestations déterminées s’établit ainsi :

(9 x Prestation acquise) – 600 $

Le prestation acquise varie d’une régime de retraite à l’autre. Elle s’établit ainsi :

Formule de rente * Salaire de l’année courante

À titre d’exemple, j’ai pris les informations de mon relevé de participation au 31 décembre 2019. Pour votre information, le montant des gains admissibles (MGA) pour 2019 était de 57 400 $. Ma prestation acquise se calculait ainsi :

[(1,5 % jusqu’au MGA) + (2 %  excédant le MGA)] * 61 442 $ = 942 $

Mon facteur d’équivalence se calculait donc ainsi :

(9 x 942 $) – 600 = 7 877 $

Bien que mes cotisations REER pour 2020 auraient dû être de 11 382 $ (18 % de mon salaire de 2019), mon FE réduit mes cotisations à 3 505 $ (11 382 $ – 7 877 $). Ainsi, je pouvais seulement cotiser 3 505 $ à mon REER personnel en 2020.

Longue histoire courte, le FE réduit considérablement les droits de cotisation à un REER pour l’année suivante.

Pourquoi ne plus y cotiser?

On se souvient que j’atteindrai l’indépendance financière une fois avoir accumulé 25 fois mes dépenses annuelles. En fait, j’ai l’intention d’atteindre ce fameux chiffre quand j’aurai fait le transfert de mes droits de mon RRPD. Cette somme pourra être transférée dans un compte de retraite immobilisé (CRI), et ce, jusqu’au montant transférable maximum permis par la Loi de l’impôt sur le revenu.

Le montant transférable maximum se calcule ainsi :

Valeur de la rente à 65 ans * Facteur de valeur actualisée

Le facteur de valeur actualisé est établi en fonction de l’âge.

Si on reprend les chiffres de mon relevé de participation au 31 décembre 2019, je retrouve, notamment :

  • Rente annuelle à 65 ans : 1 370,00 $
  • Valeur de la rente différée : 14 100,00 $

En appliquant la formule précédemment mentionnée, j’obtiens un montant transférable maximum de 12 330 $ (1 370 $ * 9). Or, la valeur de la rente différée était de 14 100 $. Ainsi, si j’avais décidé de quitter mon emploi au 31 décembre 2019, il y aurait eu 12 330 $ maximum transférable dans un CRI et un excédent de 1 770 $ (14 100 $ – 12 330 $).

Qu’aurais-je alors pu faire avec cet excédent? Soit l’empocher et payer l’impôt en conséquence, soit le transférer dans un REER.

Cependant, le transfert de l’excédent dans le REER peut se faire uniquement en cas de cotisations inutilisées.

C’est là que le bât blesse

Dans le but d’atteindre l’indépendance financière, j’ai l’intention de transférer mes droits quand je donnerai ma démission, au plus tard, en 2026.

Étant la nerd que je suis, j’ai fait diverses projections afin d’estimer la valeur de mes droits ainsi que l’excédent en 2026. Selon de différents rendements hypothétiques et augmentations salariales d’ici là, j’estime que mon excédent pourrait jouer entre 26 000 $ et 44 000 $.

Alors, s’il ne me reste aucune cotisation inutilisée au moment de transférer les droits de mon PPRD, je devrai empocher la somme entière et payer de l’impôt en conséquence. Sans autre revenu, cette calculatrice d’impôt confirme que cela représenterait entre 4 500 $ et 10 600 $ en impôt.

Encore pire que ça! Si j’ai gagné, disons, 60 000 $ cette année-là avant de donner ma démission, l’excédent s’ajoutera à mon revenu d’emploi. Dans le pire des cas, j’aurais un revenu d’emploi de 104 000 $ sujet à imposition à la fin de l’année. On parle donc d’un taux marginal d’imposition plus élevé!

On veut éviter ça, n’est-ce pas?

Alors, contrairement à ce que j’ai dit dans un article précédent sur la maximisation des comptes enregistrés, je ne dois retarder mes cotisations à mon REER jusqu’à ce que je démissionne. Je dois me garder des cotisations inutilisées pour plus tard.

De plus, n’oublions pas que le FE diminue considérablement mes cotisations REER chaque année.

Considérant cela, et le fait que mon REER est maximisé pour 2020, j’estime cumuler à peine plus de 20 000 $ en cotisations d’ici 2026. Ainsi, je risque quand même de ne pas avoir assez de cotisations inutilisées en 2026 pour absorber l’excédent en totalité.

Pour remédier à ça, je pourrais rendre ma démission près de la fin de l’année, pour ainsi recevoir l’excédent au début de l’année fiscale suivante. Cette année-là, je n’aurai aucun revenu d’emploi. J’aurai également de nouvelles cotisations REER à ajouter à celles des années précédentes. Finalement, ce qui ne rentrerait pas dans le REER pourra me servir de revenu pour cette première année de retraite précoce. Je ferais probablement qu’un retrait partiel (donc moins de 4 %!) de mes placements pour combler la différence.

Avec un peu de chance, le montant sera tout de même moins que le montant personnel de base et ainsi, j’aurai 0 $ en impôt à payer. 🙂

Les alternatives

Alors si je ne peux pas toucher à mon REER d’ici 2026, je fais quoi?

Je profite du merveilleux CELI jusqu’à sa maximisation, évidemment. En date du jour, il me reste 45 000 $ environ de cotisations inutilisées. À cela, on peut prévoir une augmentation de cotisation d’environ 6 000 $ par année, si la tendance se maintient. Peut-être plus, si on est chanceux!

En épargnant en moyenne 25 000 $ par année, je devrais donc rattraper mes cotisations CELI au début 2023.

Une fois cela atteint, je devrai commencer à investir dans un compte non enregistré. Ce type de compte n’a pas de limite, contrairement aux comptes enregistrés. À partir de là, je cotiserais le 6 000 $ (ou plus) par année au CELI et tout le reste de mon épargne sera concentré dans le compte non enregistré.

Choisir la rente différée ou transférer ses droits?

Certains se demandent peut-être s’il ne serait pas plus avantageux de prendre la rente différée et de ne pas se casser la tête avec tous les calculs que je viens de vous détailler.

Ça dépend.

Si vous cotisez depuis longtemps à votre régime de retraite, alors la valeur de vos droits, ainsi que l’excédent, pourrait être vraiment considérable. Par exemple, si vous avez un excédent de 100 000 $ et aucune cotisation REER inutilisée, la facture d’impôt sera très salée!

Dans cet article, l’auteur explique sa stratégie. Dans son cas, la valeur de ses droits s’élevait à 290 143 $. Quelle ne fut pas sa surprise d’apprendre que le montant transférable maximum dans un CRI n’était que de 134 028 $. On parle donc d’un excédent de 156 115 $. Cela veut dire que plus de la moitié de la valeur de ses droits était sujette à imposition, et ce, à un taux marginal d’imposition très élevé! Dans tous les cas, il y a peu de chance que les cotisations inutilisées d’un REER puissent absorber tout ça.

Une personne vivant au Québec aurait à payer 59 798 $ en impôt sur un tel montant. Ça réduit de beaucoup la valeur réelle de ses droits, n’est-ce pas? Au final, du 290 143 $, il lui en reviendra réellement 230 345 $. Ça peut faire une grosse différence sur un plan d’indépendance financière et de retraite précoce. Personnellement, je ne serais pas prête à sacrifier près de 60 000 $!

Vous comprenez qu’il est donc très judicieux de faire ses calculs avant de prendre une décision.

De plus, êtes-vous suffisamment d’un investisseur aguerri pour « battre » la rente différée prévue par le régime en investissant vous-même vos droits? Combien d’années vous reste-t-il avant de pouvoir retirer ladite rente différée?

Il s’agit donc de beaucoup de facteurs à considérer. Pour ma part, je préfère de loin procéder comme je l’ai détaillé, car c’est ce qui me permettra d’atteindre mon chiffre plus tôt. J’ai établi un plan pour optimiser le tout et ainsi m’assurer de payer le moins d’impôt possible. Mais pour quelqu’un d’autre, la réalité pourrait être complètement différente.

Mon expérience personnelle

Quand j’ai quitté mon ancien employeur en 2018, on me promettait une rente annuelle de 3 314 $ à mes 65 ans. Bref, pas la mer à boire. Il faut dire que je n’avais que quatre ans de cotisations.

L’autre option était de transférer mes droits acquis d’une valeur de 42 000 $, dont l’excédent s’élevait à 12 000 $. Heureusement, j’avais à l’époque suffisamment de cotisations inutilisées pour l’absorber en totalité. La décision a donc été facile. 🙂

Deux ans plus tard, je suis plus qu’heureuse d’avoir transféré mes droits dans un CRI et l’excédent dans mon REER. Ça a donné un énorme coup de pouce à mes placements personnels. Ça a maintenant encore plus de sens dans une perspective d’indépendance financière éventuelle.

J’ai d’ailleurs réussi à obtenir un excellent rendement sur ces sommes en les investissant moi-même. Grâce à  Passiv, je peux vous donner un aperçu de la performance de mon CRI depuis son ouverture.

Alors, la réponse plate à la question initiale est : ça dépend. À vous de faire vos calculs.

L’importance de planifier

Tout ça pour dire qu’il est primordial de planifier notre départ, surtout quand on bénéficie d’un PPRD. Ça peut être d’une grande aide pour vous permettre d’atteindre l’indépendance financière plus rapidement, mais il faut planifier et faire ses calculs pour s’assurer que ça balance.

Si je ne m’étais jamais attardé à faire mes calculs, j’aurais continué à maximiser mon REER chaque année, et ce, jusqu’à ma démission.  La conséquence aurait pu être d’avoir plus ou moins 10 000 $ en impôt à payer. Pire encore si je recevais l’excédent pendant la même année fiscale que ma démission. L’excédent s’additionnerait au revenu d’emploi déjà gagné. Mon taux marginal d’imposition augmenterait par le fait même et l’impôt à payer serait encore plus élevé!

Ça ferait moins d’argent dans mes poches, plus dans celles du fisc. En planifiant le tout à l’avance, je m’assure de maximiser l’argent qui me reviendra.

Il est toujours idéal d’aller chercher le plus près possible de 100 % de notre argent. En d’autres mots : payer le moins possible d’impôt. Ça s’applique tout autant à la règle du 4 %, qui prévoit d’avoir 25 fois ses dépenses annuelles en placement. Pour que ce soit réaliste, ce montant doit être net d’impôt. Si vous n’avez pas planifié (ou optimisé) cet aspect important et que vous vous faites gruger le tiers de votre argent par le fisc, il va vous manquer de l’argent. Deux options s’offrent donc à vous :

  • prévoir une plus grosse somme pour couvrir la portion d’impôt; ou
  • faire de l’optimisation fiscale.

Je sais laquelle je préfère. Comme le dit si bien Pierre-Yves McSween :

Autant on déteste l’impôt quand on construit son patrimoine, autant on peut bénéficier des règles fiscales une fois le patrimoine amassé.

Quand on sait comment ça marche, il y a moyen de tirer son épingle du jeu.

Pour les autres chanceux dans la salle

Ce billet s’adressait assurément à une audience un peu plus restreinte, soit les gens bénéficiant d’un RRPD. Même pour eux, ce n’était peut-être pas le billet le plus palpitant! Il y avait beaucoup de calculs, de formules et de la terminologie complexe. Sans compter que la terminologie change d’un régime de retraite à l’autre! J’espère avoir été cohérente, dans les circonstances.

Toutefois, ça m’a permis de mettre ensemble toute l’information que j’ai récoltée sur le sujet, en plus de me permettre de peaufiner ma stratégie. J’espère que mes réflexions sur le sujet en auront aidé quelques-uns parmi vous.

Avez-vous déjà bénéficié d’un RRPD? Avez-vous eu à choisir entre la rente différée et le transfert des droits? Qu’avez-vous choisi? Ou bien faites-vous présentement  partie des chanceux qui en bénéficient? Si oui, quel est votre plan de match lorsque vous quitterez la rat race?

N’hésitez pas à laisser un commentaire sur le sujet! Sérieusement, ça m’intéresse. Je suis nerd à ce point.

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26 Comments

  1. Wow, wow et re-wow!! C’est définitivement l’article que j’ai lu dans les dernières années qui est le plus intéressant pour moi, et de loin.

    Depuis quelques temps, j’avais aussi commencé à délaisser le REER au profit du celi, mais pour un autre tour de passe passe, la vente de notre plex. Le but était un peu le même, arrêter de travailler au mois de décembre, vendre le bloc au début de l’année suivante ou nous allons avoir aucun revenu, et utiliser nos cotisations REER inutilisées pour faire diminuer le revenu imposable de cette vente.

    J’ai donc un peu paniqué en lisant l’article, vu que ma conjointe et moi avons tous les 2 des régimes à prestation déterminé, ca venait chambouler un peu ce plan avec le plex. Nous allons nous retrouver avec en plus des revenues de la vente du plex, à avoir un exédentaire en transférant notre régime dans un CRI, on va donc assurément manquer d’espace inutilisé dans nos REER, même si nous avons encore quelques années devant nous avant d’arrêter de travailler!

    Mais après avoir fait le calcul que tu nous présentes, j’ai poussé un soupir de soulagement! Je ne sais pas si c’est le fait que mon régime ne soit pas indexé, mais après 11 ans à cotiser à ce régime, fin 2019 était la première fois ou il y aurait un excédent de 9000$ que j’aurais dû placer en REER ou encaisser et payer de l’impôt. Bien hâte de voir dans les années futures, si ça va se replacer et ne plus avoir d’excédent, ou si ça va être l’inverse, et que ce montant va continuer à augmenter de façon exponentiel. Je viens d’ajouter ce calcul à mon fichier Excel, merci infiniment 🙂

    • Bel exemple de l’importance de faire ses calculs! C’est tellement différent d’un régime à l’autre. C’est vraiment du cas par car et c’est bien ardu de faire des projections précises. Même les formules sont un peu mystérieuses et il faut creuser pour les trouver. Pas pour rien que la plupart des personnes qui bénéficient de ce type de régime de retraite ne savent généralement pas trop comment en tirer profit dans le contexte d’une retraite précoce.

      Très heureuse que l’article vous ait été utile! 🙂

  2. Bonjour !

    J’aime bien votre analyse. Je vais la pousser un peu plus loin. Tout d’abord, à consulter : https://brassardgouletyargeau.com/media/documents/articles/vraie-nature-REER.pdf

    Je trouve que de ne plus cotiser au REER et de se priver de ses avantages est un peu tannant. Après tout, les économies que vous réalisez aujourd’hui valent plus cher que celles que vous allez faire en 2026-2027, en tenant compte de l’inflation. 1 $ d’impot aujourd’hui ne vaut pas 1 $ d’impôt dans 7 ans.

    Je crois que vous étiez dans la bonne direction avec votre démission vers la fin de l’année 2026. C’est ce que je recommanderais. Vous recevriez votre T4A en 2027.
    J’ai fais une projection des crédits personnels de base pour cette année visée, en tenant compte d’une augmentation de 1,5 % à compter de 2023 et des augmentations déjà annoncées (le crédit de base fédéral sera de 15 000 $ en 2023). J’obtiens donc les crédits de base suivant : Fédéral (15 920 $) et Québec ( 17 198 $).

    En supposant que votre montant minimum serait de 26 000 $, l’impôt à payer en tenant compte que toutes choses est égale par ailleurs serait de 2 582.81 $ pour l’année 2027, en supposant également que vous n’avez aucun revenez de vos placements (techniquement un portefeuille bien monté ne devrait pas générer de distributions).

    Vous pourriez effectivement prendre une cotisation REER et ramener ce montant à 0. Toutefois, si vous décidez en 2027 de :
    1) Cotiser un montant de 5 000 $ en non enregistré FTQ (car vos REER seraient maximisés)
    2) Cotiser un montant de 3 000 $ au CRCD (Capital Desjardins)

    Votre impôt net à payer tombera à 32,81 $ pour l’année 2027.

    Poussons un peu plus loin en supposant que vous recevez un montant de 44 000 $.

    Avez les mêmes données, votre montant d’impôt à payer (avant cotisations aux régimes mentionnées) serait de 7 568,92 $. Le FTQ et CRCD donnant une diminution de 2 550 $, l’impôt à payer pour l’année 2027 serait de 5 018,92 $.

    Si vous détestez l’impôt à ce point, il faudrait voir :
    1) Optimisation des crédits fiscaux (il est possible de faire certains choix, comme de regrouper des frais médicaux sur une période, etc). Je ne connais pas votre situation personnelle mais est-ce qu’il serait possible de faire une optimisation de vos crédits non remboursable ? C’est difficile de projeter en 2027..
    2) Conserver un montant de droit REER peut être une avenue intéressante, si vous détestez l’impôt à ce point. De ne pas en prendre du tout, je ne crois pas qu’il s’agit de la meilleure stratégie.
    3) Ce n’est pas quelque chose de fréquent pour un bas salarié (44 000 $ de revenus projeté en 2027), mais si vous tenez absolument à réduire les impôts à 0, il y a d’autres options plus sophistiquées (ex : actions accréditives), même si je ne crois pas que cela en vaille la peine.

    Je vous souhaite de joyeuses fêtes !
    JP

    • Wow, merci pour ce commentaire très détaillé!

      Ça fait un bout que je mijote toutes ces informations en lien avec mon régime de retraite. Peut-être ai-je manqué la forêt, à force de regarder l’arbre? J’apprécie sincèrement l’envers de la médaille que vous exposez. Il y a définitivement un certain coût de renonciation à reporter l’utilisation de mes cotisations à plus tard. Je vais donc continuer à faire aller ma calculette. Qui sait? Peut-être cela fera-t-il l’objet d’un autre article.

      C’est vraiment ce que j’apprécie de tenir un blogue. Je n’ai personne avec qui discuter réellement de ce genre d’enjeu dans mon entourage. Il est fort éducatif d’échanger avec des personnes comme vous.

      Merci encore et de joyeuses fêtes à vous aussi! 🙂

      • Il n’y a aucun problème. J’étais content de votre analyse, mais surpris de votre conclusion ! En fait j’ai encore poussé un ti peu plus loin. J’ai déterminé votre coût de renonciation.

        J’ai pris votre montant de 20 000 que j’ai divisé par le nombre d’année qu’il vous reste, j’ai investit en début d’année dans votre CÉLI. J’ai calculé votre patrimoine (enrichissement) à l’an 2027 à partir de ces contributions. Notez que je n’ai considéré aucun impôt sur votre transfert de fond de pension.
        CELI fond de pension
        2021 3333 3466.32
        2022 3333 7071.2928
        2023 3333 10820.46451
        2024 3333 14719.60309
        2025 3333 18774.70722
        2026 3333 22992.0155
        2027 3333 27378.01613 44000
        Moins impôt sur NE 0 utilisation des droits REER

        Total à investir 44000

        Patrimoine total en 2027 avec plan proposé 71378.01

        Ensuite, j’ai pris votre même contribution que j’ai investit dans le REER à chaque année. J’ai repris le remboursement d’impôt que j’ai investit dans le CELI, le tout à 4 %. La logique est la même que précédemment, mais vous recevez votre impôt à chaque année plutôt que d’en payer moins en 2027. Noter aussi que votre taux d’imposition est plus élevé sur vos revenus de travail (environ 60 000) que sur votre T4A à recevoir (maximum 44 000).

        REER Cotisation fin année CELI fin année Fond de pension 4%
        2021 3333 3466.32 1237.14294 1286.628658
        2022 3333 7071.2928 1237.14294 2624.722462
        2023 3333 10820.46451 1237.14294 4016.340018
        2024 3333 14719.60309 1237.14294 5463.622276
        2025 3333 18774.70722 1237.14294 6968.795825
        2026 3333 22992.0155 1237.14294 8534.176315
        2027 3333 27378.016130 1237.14294 10162.17203
        44000
        Moins impôt sur NE 7569

        Total à investir du fond de pension 36431
        Patrimoine total en 2027 avec scénario B 73971

        En résumé, le plan que vous souhaitez faire vous appauvri d’environ 2 593 $ sur 7 ans. J’ai utilisé un taux d’intérêt de 4 % . Plus vous augmentez le taux de rendement, plus l’écart va se creuser.

        Bonne décision !

  3. Très intéressant. Je n’avais jamais été en profondeur à ce sujet. Quand j’ai quitté mon emploi j’étais admissible à la rente de mon régime à prestation déterminé qui était accessible à mes 53 ans et étant donné que j’étais à plus de 10 ans de la retraite normale on m’offrait aussi la possibilité de la transférer dans un CRI ou FRV. Ce que je n’ai pas fait étant donné que j’avais un excédent de plus de 100K et plus aucune CNU (cotisations non utilisées). J’ai donc opté pour la rente chez l’employeur (rente viagère transférable à 60% au conjoint survivant) et je ne le regrette pas. Maintenant il ne me reste qu’à espérer vivre longtemps. Merci pour la démystification du fameux calcul. Bonne continuité!

  4. Hello! Bravo encore pour cet article (oui j’aime commenter plusieurs fois un peu partout ^^). Dans mon cas, lorsque j’ai quitté une grande banque québécoise il y a 2 ans, j’ai été très très agréablement surpris par le montant que j’avais accumulé dans mon régime de retraite. Je ne cotisais que d’environ 150$ par paie et ne suivais pas trop ce régime. Au bout de 4 ans, j’ai pris conscience que mon employeur cotisait à hauteur de 100% de mes cotisations et que le rendement sur les 4 avait été excellent (environ 25%). Au final je suis parti avec un beau chèque de 35k 🙂
    Je suis surpris par contre que tu atteignes si vite le Montant transférable maximum car dans mon cas, après 4 ans il était de 42k, j’en étais donc loin. Je ne sais pas comment il a été calculé dans mon cas mais peut être que mon âge a joué alors ( ça a du bon d’être plus vieux dans ce cas peut être 😀 )
    Pour un prochain article, si jamais tu peux détailler comment tu comptes sortir l’argent de ton CRI au moment de ta retraite, je suis curieux! 🙂
    Merci, a+!
    F.

    • +1 pour un article sur la sortie de l’argent du CRI 🙂

    • Merci pour tes commentaires, Frugalman! 🙂

      Ça change tellement d’un régime à l’autre et je crois qu’il y a une multitude de facteurs qui vient influencer le calcul. Dans mon cas, je crois que c’est surtout parce que la part de l’employeur est plus importante que la mienne. L’employé cotise 35 % et l’employeur 65 %! Mais je ne suis pas experte et je suis peut-être complètement dans le champ, aussi.

      Je prends bonne note de ta suggestion pour un futur article sur le décaissement du CRI. Je crois que ça pourrait être intéressant. 🙂

  5. Bonjour savelongerandprosper, est-ce un exemple qui peut s’appliquer au RREGOP, car je réfléchis à une stratégie pour ma conjointe qui travaille au gouvernement alors je trouve cet article plus qu’intéressant. Je l’ai immédiatement transféré à un des mes amis qui sera assurément impressionné par la profondeur de l’article. Bon travail

    • Bonjour et merci pour votre commentaire!

      Mes recherches sont essentiellement basées sur les régimes de retraite à prestations déterminées du secteur privé. Entre le privé et le public, il y a sûrement bien des différences. À votre place, je crois qu’un bon endroit où démarrer vos recherches serait la section portant sur les régimes de retraite du secteur public du site de Retraite Québec :

      https://www.retraitequebec.gouv.qc.ca/fr/faq/rrsp/participants/transfert-dans-un-cri-ou-un-frv/Pages/liste-faq.aspx

      Il y a mention du RREGOP, entre autres. En espérant que ça vous aidera un peu. 🙂

    • Il faut comprendre que les régimes de retraite sont balisées par des lois. La loi qui prévoit les montants de transfert maximum est la LIR et son RIR (Loi de l’impôt sur le revenu et son règlement d’application).

      Bien que la LIR et son RIR détermine les montants maximums, d’autres lois établissent d’autres restrictions en fonction du secteur dans lequel vous évoluer.

      La majorité des régimes sont encadrés selon la LRCR (pour Québec) ou la LNPP (Fédéral).

      Pour le secteur public, c’est autre chose. Quelques exemples :

      1) RREGOP a sa propre loi
      2) RRMSQ (sureté du Québec)
      3) RREM (élus municipaux),

      etc.

      Toutefois, vous devez comprendre que TOUS les régimes sont assujettis au maximum déterminé par la LIR et son RIR, SAUF pour les régimes complémentaires qu’on appelle top-hat. Toutefois, il serait fort peu possible que cela s’applique à vous.

      En espérant vous éclairer,

  6. Merci pour cet article très intéressant
    Une question: Dans mon régime. la valeur de la rente a transférer dans un CRI dépend du taux de solvabilité du régime au moment du transfert. Est-ce que ceci un impact sur le montant maximum transférable?
    Exemple:
    -valeur rente a 65 ans: 10,000$
    -valeur différée: 100,000$
    -taux de solvabilité du régime: 90%
    Aucun excédent car montant transférable=90,000$ (10,000$*9) et valeur différée ajustée = 90,000$
    Est-ce que ma compréhension est bonne?

    • Le calcul pour le maximum transférable semble fixe. Mais cette situation, il n’y aurait aucun excédent. Alors à mon avis, votre calcul est bon. Je ne suis pas experte, toutefois. Je vous encourage à vérifier s’il n’y a pas quelque chose de spécifique à cet égard dans votre régime de retraite. Ça change tellement d’un régime de retraite à l’autre.

    • Lors de votre cessation d’emploi, vous recevrez la portion transférable qui sera calculé par l’administrateur du régime de retraite. Étant donné que le taux de solvabilité serait inférieur à votre valeur transférable, vous recevriez uniquement le montant en fonction du taux de solvabilité.

      Le régime a toutefois habituellement l’obligation de vous verser la différence entre votre 100 % – taux de solvabilité du régime dans les 5 ans suivant votre cessation d’emploi. À ce moment la, lors du versement de la différence, un nouveau calcul sera effectué entre 1) la portion transférable ou CRI ou REER-I et la portion imposable du régime, s’il y a lieu.

  7. Bonjour,

    Si tu souhaites faire l’achat d’une nouvelle maison et que tu utilises le RAP, ne pourrais-tu pas alors utiliser tes excédents afin de rembourser ce dernier? Cela pourrait régler ton manque de droits de cotisation? Je suis un peu néophyte dans le domaine. Je ne sais pas si cela est possible!

    Luc

    • Merci pour votre commentaire!

      L’idée est bonne pour accélérer le remboursement du RAP, cependant ça n’aura aucun impact sur la facture fiscale.

      Avec le RAP, on peut retirer une partie (ou la totalité du REER) pour acheter une propriété, et ce, sans payer d’impôt. Lorsque vient le moment de rembourser le REER, il n’y a pas de réduction d’impôt car celle-ci a déjà été appliquée au moment de la contribution initiale. 🙂

  8. Agréablement surprise d’être tombée sur ton blog! Nous avons à peu près le même âge et c’est rassurant de lire que d’autres millénariales visent l’indépendance financière. Je me suis reconnue dans ton article car j’ai aussi un régime de retraite à prestation déterminée et je suis en route pour l’indépendance financière (ETA 2030). Par contre, puisque la plateforme pour consulter l’état de mon régime est tellement archaïque, je ne prends pas la peine de la consulter et je n’entre pas la valeur de mon régime dans mon fichier de calcul de valeur nette… J’ai compris en te lisant que ça risque de faire une GROSSE différence (ouch!) Merci de m’avoir donné la motivation nécessaire pour aller m’informer et faire mes calculs comme il se doit.

    • Merci pour votre commentaire!

      Contente que cet article vous soit utile. Le régime de retraite à prestations déterminées est parfois tellement entouré de mystère qu’on n’ose pas en tenir compte. Par contre, il peut s’avérer un outil très important dans un objectif d’indépendance financière.

      Bonne chance dans vos recherches et vos calculs et bon succès vers l’indépendance financière! 🙂

  9. Salut! Tres interessant comme article. Je suis a peu pres dans la meme situation que vous niveau régime et salaire donc c’est un tres bon exemple pour moi.

    J’en suis a commencer a planifier ma retraite meme si je n’ai que 25 ans, mais il y a une question qui me reste à laquelle tu pourrais peut etre répondre.
    Tu parles d’avoir 25 fois ses dépenses annuelles de côté. Ça sort d’où?

    Coût minimum pour vivre x 25 ans de retraite?
    La vrai question est la suivante : disons que ca me coute 20 000 pour vivre par année (en omettant l’épargne et l’hypotheque) je me vois mal d’assumer que ca va me couter 20 000 par année pour vivre une fois a ma retraite qui se fera probablement pas avant encore 25 ans. Avec l’inflation tout va monter. Comment je peux établir comment j’aurais besoin par année dans 25 ans.
    Mon estimation du moment c’est de faire subir 25 ans d’inflation a 2.4%(c’est a peu pres la moyenne des 30 dernieres année) à mon montant de 20 000. Mais je sais pas si c’est réaliste ou fiable?

    • Bonjour!

      Contente que vous ayez apprécié mon article. 🙂

      À l’égard des 25 fois ses dépenses annuelles, c’est la base de la règle du 4 %. J’en parle brièvement dans un de mes articles (avec quelques ressources) :

      https://savelongandprosper.com/fr/reduire-ses-depenses/#La_regle_du_4

      Avec 25 fois ses dépenses annuelles en placements (et donc, qui rapportent du rendement), on peut alors en retirer 4 % chaque année pour en vivre. Comme ces placements rapportent un rendement, ça vient pallier au retrait et à l’inflation. Il faut quand même s’assurer d’aller chercher un certain rendement intéressant et ne pas être trop fortement investis en obligations.

      Bref, cette règle est plus une base sur laquelle construire son plan, mais ça donne une bonne idée de combien prévoir pour une retraite (précoce, ou pas).

      Merci d’avoir commenté! 🙂

  10. ma conjointe a un fond de pension a prestation déterminéaussi mais ne prévoit pas arreter avant 62 ans et elle a 52 présentement gagne environ 95000/an et prend des reer conjoint de la csn pour benificier du 35% et des celi

  11. Allo,
    Super intéressant article comme d’habitude, merci! J’avour qu’il y échape un peu mes connaissances, mais pour l’instant cette situation ne me concerne pas.
    J’ai une question (coté mathématique) as-tu dans tes plans avoir des enfants et acheter une maison? Si oui, comment as-tu fait tes calculs pour l’hypotèque et le FIRE?
    Merci!

    • Merci pour votre commentaire!

      Côté enfants : je n’en veux pas. Un calcul de moins à faire. 😉

      Côté hypothèque, ça fait partie des différentes variables possibles de mon plan FIRE. L’idéal serait que j’achète la maison de ma mère qui habite en région. J’échafaude peu à peu le plan. Comme c’est une maison d’une valeur plutôt modeste, je crois que l’idéal serait que je règle l’hypothèque entièrement avant de tirer la plogue. Ainsi, le coût pour loger serait minime et réduirait de beaucoup mes dépenses fixes.

      J’espère que ça répond à votre question. 🙂

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